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Marie Deparis
- critique d’art
Paris, octobre 2007
Catherine Huré sculpte en conteuse
de rêves, de chimères, de légendes. Elle
incarne la conviction profonde et séculaire d’une
essence spirituelle de l’art, du lien si particulier que
l’art tisse depuis toujours entre l’humain et le
sacré.
De marbre ou d’albâtre, de
granit ou de gypse, la pierre travaillée,
texturée, révèle des corps, des visages,
souvent féminins, emprunts de grâce, sensuels,
érotiques souvent, et lisses sous les doigts comme une
peau douce et satinée, vibrante de lumière
intérieure, d’une indicible aura.
Car si Catherine Huré exprime dans
ses œuvres un indéniable souci esthétique,
celui-ci n’apparaît que comme le moyen de servir un
propos à la dimension spiritualiste, sinon
métaphysique, aigue.
Nourrie de toutes les civilisations, de la
richesse des mythologies passées, de l’Inde
à l’Egypte ancienne, des Etrusques à la
Mésopotamie, son œuvre se propose de transcender
les millénaires pour revenir au cœur de
l’histoire de l’humanité, rappelant ces
essentiels que nos yeux, et nos âmes, soumis aux tumultes
du monde contemporain, ont oublié : le sens des
mythes et des symboles, le pouvoir des forces
intérieurs, de l’histoire des mondes et de
l’inconscient collectif.
Cela fait vingt ans que Catherine
Huré se consacre à la sculpture. Depuis Asia,
déesse orientale, réalisée en 1987,
souverains d’Ethiopie, princesses iraniennes, totems
ornementés, idoles primitives, polychromes
médiévaux, têtes et bustes rehaussés
d’or à la manière des divinités
thaïes ou hindoues, naissent de ses mains,
éminemment vivants, comme une manière de
réactiver, de ré-incarner notre histoire
archaïque.
Laurence d’Ist - historienne de l’art
Découvrir - Le magazine
d’actions culturelles
de la Communauté
d’Agglomération Evry Centre Essone
- numéro 1630 - décembre
2006
- Catherine Huré et la princesse
Vassilissa
Extrait :
“…Derrière la grande
porte d’entrée en métal gris, l’air
de l’atelier de Catherine Huré est cotonneux. Un
nuage crème emplit l’espace, une pellicule
nacrée recouvre le sol, les outils, les objets.
La machine cylindrique sur roulettes
s’ééteint dans un fracas, sorte de
compresseur à air, c’est avec cet engin
qu’elle taille la pierre. Elle m’accueille
souriante, en salopette ceinturée à la taille,
les lèvres soulignées de rouge dans le ton de son
gilet ; les cheveux noirs coupés en mèches libres
à la garçonne. Son regard clair est
maquillé d’un trait de mascara. Elle retire ses
mitaines et ses gants jaunes enfilés l’un sur
l’autre. Elle travaille en sandales. Elle marie les
styles : collant noir à pois de couleurs et socquettes
bleu marine. Catherine Huré est une sculptrice
coquette…”
Anne Réale
Figaro Littéraire - 30 novembre
1995
- Créatrice de formes
contées dans la pierre
“Catherine Huré, c'est une
force qui vibre à travers les courbes sensuelles de ses
marbres, irradie l'or délicat de ses bronzes,
et rayonne les profils de ses puissants
granits. Il faut une énorme force intérieure en
dehors de la force physique, pour tailler ainsi son âme
dans la pierre. Catherine Huré, formée au grand
maître de la taille directe, possède parfaitement
la technique de la sculpture, mais elle a en elle quelque chose
d'essentiel : ce génie des formes, cet art des harmonies
subtiles, ce don de créer tiré des forces vives
de l'univers. Une personnalité hors du commun, dont les
oeuvres reflètent le monde et les énergies qui
vivent en nous. Elle est de la race des démiurges:
capable de concentrer dans la matière brute, toutes les
émotions, toutes les aspirations des hommes et des
femmes, et de transmuer ses violences ordinaires, et ses
mélodies secrètes en beauté
pure.”
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